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February 2011

"On pense encore Facebook comme une télévision" | Olivier Mermet

Une reprise du texte de Oren Franck, directeur de création de MRM Worldwide sur le blog d'Olivier Mermet

La nature même du terme social media n’est qu’un simple aspect des nouvelles pratiques de marketing… Qui ne sont pas si nouvelles, comme le mentionne aujourd’hui Oren Franck, le directeur de création de MRM Worldwide.

Celui-ci nous rappelle d’ailleurs qu’avant la folie furieuse du social media, à la frontière de l’opportunisme et de la monomanie, il y avait le Cluetrain Manifesto (1999), un vestige pré-bulle qui prônait pourtant les mêmes choses ou presque que ce qu’on voit partout aujourd’hui. Une recueil de règles qui mettaient systématiquement le consommateur au coeur des préoccupations de l’entreprise.

One by one, the old disciplines of marketing and communications are being disrupted by the internet. Perhaps one of the saddest victims is « media. »

The basic mistake is the attempt to continue viewing « media » as a standalone category and vertical. It leads to such amusing terms as « social media. » Right, he must be crazy. We’re talking about the future of marketing, social media that is. Well, I suggest you travel back in time to the 1999 « Cluetrain Manifesto » and read it again. It’s all there, but it’s about us, the consumers, and not about channels, transmissions and definitions. Because the internet and the web are networks of connected nodes, mostly comprising people, therefore, the internet is inherently social, built into its very design.

We are using the term « social media » and its younger sibling, « earned media, » probably because it is our way to hang on to our old ideas about traditional media. Social media is basically the ability to self-express and connect many to many — something many of us did on BBS boards with 14.4k modems. But in marketing and communications we actually use « social media » to show that we still « reach » our consumers even when they’re on the web, and sometimes, we don’t even have to pay for it! At least not as much as we pay on TV.

Oren Franck conclut son article en parlant de nouveau paradigme, et de « style de vie » des praticiens. Ce qui intéresse les marketeurs d’aujourd’hui, dans le social media, c’est le media. L’audience. On pense encore Facebook comme une télévision, une machine à compter le temps de cerveau disponible, et non comme un moyen de faire en sorte de mieux servir son client.

Et défendre ce genre de points contre la rentabilité immédiate de l’entreprise, c’est une tâche quotidienne. C’est vraiment, un style de vie.

Source de l’image : Hugh McLeod 2006

 

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Paris Social Media Week - Montage photo du Lundi

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Avec ma photo prise lors de la conférence curation

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Le rôle des médias sociaux dans l’entrepreneuriat - Marketing Professionnel

La progression rapide des médias sociaux a transformé la prospection des microentreprises. Les jeunes entreprises peuvent désormais se faire connaître rapidement et à moindre coût grâce aux vastes possibilités offertes par Internet. L’une des principales tendances est le “crowdsourcing” (externalisation à grande échelle), qui permet de faire appel à des experts partout dans le monde pour obtenir de l’aide concernant différents aspects d’une activité. Cela aurait été impossible il y a seulement cinq ans.

Le rôle des médias sociaux dans l'entrepreneuriat

Le rôle des médias sociaux dans l

Il peut être utile de définir ce que sont exactement les médias sociaux. Ce sont tous les outils technologiques en ligne qui permettent aux utilisateurs de communiquer aisément entre eux via Internet et de partager des informations et des ressources. Les médias utilisés peuvent être variés : texte, son, vidéo, images ou podcasts. Le dénominateur commun des médias sociaux est qu’ils mélangent technologies et interactions sociales en vue de favoriser la création conjointe de valeur. Créer une entreprise. Grâce à Internet, il est possible de créer une entreprise rapidement et à moindre coût.

Il existe par exemple de nombreux sites dédiés à aider l’entrepreneur dans quasiment tous les aspects de son activité :

  • 99designs est spécialisé dans l’externalisation à grande échelle des conceptions graphiques. Ce site met en relation plus de 86 000 concepteurs à travers le monde avec de petites entreprises ayant besoin de réaliser des projets de conception.
  • oDesk est une plateforme qui réunit des centaines de milliers de professionnels qualifiés qui proposent leurs services, parmi lesquels des développeurs Web, des programmateurs de logiciels, des concepteurs graphiques, des rédacteurs, des représentants de services à la clientèle et des assistants virtuels. Ces sites n’aident pas seulement à traiter les aspects immatériels d’une activité. Même les plus petites entreprises ont désormais accès à des sites auxquels elles peuvent sous-traiter la production, l’approvisionnement et la distribution.
  • Des sites comme Alibaba permettent aux petites entreprises d’identifier des partenaires commerciaux potentiels dans le monde entier afin d’interagir avec eux pour gérer leurs activités en ligne (même si l’on peut légitimement avoir un doute sur la qualité de cette offre). Différents sites proposent également un large éventail de services marketing.
  • BootB, par exemple, met en relation des créateurs de marques et des créatifs talentueux dans le monde entier.

Enfin, grâce au développement considérable de la capacité de la bande passante, il est désormais possible de charger aisément et gratuitement toutes sortes de matériaux promotionnels sur différents médias sociaux, comme les blogs, YouTube, Twitter, FlickR, Facebook, etc. Sans oublier les applications mobiles toujours plus nombreuses et variées. Les clients doivent rester au coeur des préoccupations.

Alain Bosetti

Alain Bosetti

Même si les médias sociaux peuvent accélérer le développement des entreprises, la base reste la même : la relation avec les clients. Les activités hors ligne et en ligne doivent toujours être coordonnées en ce sens. Il n’en reste pas moins que les commentaires et les retours des clients sont désormais bien plus nombreux et bien plus rapides, risquant même de vous submerger s’ils ne sont pas gérés correctement. Par ailleurs, vous devez désormais tenir compte d’un nouveau phénomène : la communauté des blogueurs qui se valorisent par la critique. Dans ce cas, la meilleure approche consiste à rester fidèle à ses idées, en pariant sur le fait qu’il y aura plus de personnes à dire du bien de vous que le contraire.

Être sélectif

Si vous répondez à chaque e-mail, que vous surveillez chaque site de média social et que vous lisez et commentez chaque blog, il ne vous restera que peu de temps pour réellement gérer votre entreprise. Les grandes entreprises traitent désormais ces affluences de réactions en formant des équipes qui se chargent exclusivement des médias sociaux. Les microentreprises ne peuvent pas se le permettre. Il est essentiel de tenter de parvenir à un équilibre. Vous pouvez dans un premier temps, par exemple, consacrer toute votre énergie à un seul média, comme Twitter ou Facebook, avant de vous élargir à d’autres.

Définir son marché aussi précisément que possible

Si vous voulez faire connaître le nom de votre entreprise, idéalement en la faisant apparaître dans le top 3 du moteur de recherche Google, vous devez définir votre marché aussi précisément que possible. Par exemple, au lieu d’utiliser le terme ‘crayon’, utilisez les termes ‘crayon noir fin’. Et n’oubliez jamais de mettre à jour votre site Internet. Vérifiez qu’il comporte des liens vers tous les médias qui mentionnent votre entreprise, notamment les médias sociaux, les blogs, les messages et tous les autres matériaux publiés. Ils contribueront à créer le réseau technique susceptible de faire apparaître la plus petite entreprise dans le top 3 du moteur de recherche Google et d’augmenter sa visibilité en ligne.

Hasso Kaempfe

Hasso Kaempfe

“N’oubliez pas qu’une grande partie des clients prospectés par un entrepreneur est plus âgée que lui et risque de ne pas maîtriser aussi bien l’univers d’Internet. Tout le monde pense qu’il est facile de créer une entreprise via Internet. Pourtant, c’est l’échec assuré si l’on oublie de faire coïncider ses activités hors ligne avec ses activités en ligne,” Dr Hasso Kaempfe.

Sachez également que vous pouvez être confronté à d’autres problèmes que les qu’en dira-t-on des autres personnes. Si vous lisez les petites lignes, vous découvrirez que tous ces sites, tels que YouTube ou Facebook, se réservent le droit de vous exclure arbitrairement de leurs pages. Vous devez donc vous assurer que toutes les informations importantes se trouvent sur votre site Internet où elles sont bien sécurisées, et prendre soin d’ajouter des liens vers votre site sur vos autres plateformes sociales.

Les médias sociaux accélèrent tout. Les médias sociaux permettent aux microentreprises d’augmenter rapidement le nombre de leurs contacts et d’acquérir une plus grande crédibilité dans un délai plus court que le recours aux approches commerciales traditionnelles ne l’autorise.

Par exemple :

  • Si vous avez besoin de demander un prêt à votre banque et que vous êtes inscrit sur Facebook ou Twitter, vous pouvez lui envoyer un lien vers votre page afin de lui montrer que vous disposez déjà de 1.000 ‘amis’ ou clients. Votre entreprise en paraîtra immédiatement plus crédible
  • Si votre activité implique des relations inter-entreprises, vous avez la possibilité d’acquérir plus rapidement une réputation par le biais du bouche à oreille et d’éliminer la tâche chronophage du démarchage téléphonique.
  • Vous pouvez charger une présentation/ vidéo sur YouTube à l’intention de vos clients et de vos prospects.

Marco Montemagno

Marco Montemagno

La problématique du contrôle

L’absence de notion de propriété constitue une réelle problématique pour les entreprises qui utilisent les médias sociaux. La différence entre les médias sociaux et un site Internet réside dans le fait que pour les premiers, il est impossible de maîtriser ce qui est écrit par les autres. Il faut donc régulièrement les surveiller. Vous devez réfléchir en d’autres termes et penser à la manière dont vous souhaitez que les clients s’adressent à vous plutôt que de songer à la manière dont vous devez vous adresser aux clients. Vous devez penser comme vos clients afin d’encourager les commentaires positifs. En cas de problème, si une personne témoigne de sa mauvaise expérience, les clients du monde entier peuvent lire ce témoignage. La manière dont vous vous comportez est donc plus importante que jamais, car tout le monde vous observe et est prêt à informer les autres. Soyez transparent et honnête. Vos clients se forgeront de toute façon leur propre opinion, et contre cela vous ne pouvez rien. Respectez cet état de fait et réagissez de manière constructive et enrichissante à tous les points de vue, qu’ils soient positifs ou négatifs. Il se peut même que vous en retiriez des idées pouvant faire avancer votre entreprise.

Jo Fairley

Jo Fairley

“J’ai quelques amis qui dirigent de petites entreprises et dont les enfants, ados ou jeunes adultes, gèrent les médias sociaux à leur place, car la fréquentation de sites tels que Facebook et Twitter est quasiment inscrite dans leur ADN. Le propriétaire d’une entreprise peut ainsi déléguer une tâche qui peut s’avérer très chronophage. Ces enfants ont déjà des amis sur Facebook et Twitter et profitent donc dès le départ d’une petite audience,” Jo Fairley.

L’entrée dans l’ère numérique

Le schnapps à base d’ingrédients végétaux Jägermeister était passé de mode en Allemagne lorsque le Dr Hasso Kaempfe a rejoint l’entreprise pour occuper le poste de président du conseil d’administration en 1998. Le consommateur lambda avait alors la quarantaine et vivait dans les zones rurales. L’objectif était de renouveler l’image de la marque afin de séduire des consommateurs plus jeunes, sans toutefois se détourner du consommateur lambda. Il a fallu sept ans pour transformer la marque. Selon Hasso, si les techniques modernes offertes par les médias sociaux avaient alors été disponibles, cela aurait pris seulement deux ans. Lors des premières phases de la transformation, tout a été mis en œuvre pour attirer les consommateurs sur le site Internet. Toutefois, Facebook ayant pris beaucoup d’ampleur, les marques comme Jägermeister ont désormais tout intérêt à y être présentes, car les consommateurs sont davantage enclins à visiter ces pages que les sites Internet. Par exemple, la pâte à tartiner Nutella a plus de 6,5 millions de fans sur Facebook.

Récapitulatif

  • De plus en plus de ressources en ligne permettent de créer et développer son entreprise.
  • Soyez cohérent dans la manière dont vous traitez vos clients en ligne et hors ligne.
  • Apprenez à gérer les commentaires.
  • Commencez par vous inscrire à un seul réseau social avant d’en rejoindre d’autres.
  • Définissez précisément votre activité afin d’apparaître en tête des résultats de recherche.
  • Mettez régulièrement à jour vos informations.

Auteur : Epson Business Council ; Alain Bosetti, Jo Fairley, Hasso Kaempfe, Marco Montemagno

Un article de la rubrique Tribune libre.

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La curation : le web organisé par les utilisateurs - "Girlz In Web" par Marie-Laure Vie

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La curation : le web organisé par les utilisateurs

Posté par Marie-Laure Vie | 9 février 2011 | 4 Commentaires

panel à la conférence curation février 2011

Lundi 7 février 2011 se tenait la première conférence sur la curation en ouverture de la Social Media Week à Paris, avec en trame de fond la question de l’avenir du web. Sommes-nous face à une nouvelle étape de l’évolution d’internet, une nouvelle ère ?

Pour répondre à cette question la conférence était organisée en 3 temps : une présentation de Dominique Cardon, sociologue, chercheur au Centre d’Etudes des mouvements sociaux de l’EHESS et au Laboratoire des usages d’Orange Labs ; un panel sur les médias et les journalistes ; un second panel sur la question « Qui est curator » ?

Patrice Lamothe de la société Pearltrees, plateforme de curation introduit le sujet en indiquant l’enjeu actuel : les usages sont encore jeunes, et cette conférence doit nous aider à définir un concept à la fois technologique et social. Et la première définition est donnée : la curation c’est une nouvelle étape dans la démocratisation du web grâce à une réappropriation de son organisation par les utilisateurs. Une étape qui peut changer la structure et les habitudes du web.  Ce qui est nouveau, c’est que nous devenions mutuellement le guide les uns des autres.  Un peu comme le conservateur (curator) d’exposition qui organise son propre monde en exposant uniquement ce qu’il veut montrer.

 

Quelle nouvelle démocratisation du web ?

Dominique Cardon explique ainsi les évolutions récentes ; nous sommes au point de rencontre entre 2 tendances :

  • Une partie de notre recherche est devenue sociale. Sur Facebook, twitter, etc. c’est la navigation qui nous fait découvrir l’information par la sérendipité. C’est le contraire de la recherche intentionnelle et préalablement formulée, comme dans google.
  • On peut tous devenir éditeurs. Nous connaissons une crise des gardiens de l’édition, les « gate keepers », ceux qui traditionnellement ont fait l’ « agenda » de l’information, qui en ont fait l’édition, comme les médias.
  •  

    La curation est donc un prolongement de cette recherche sociale, qui nous permet d’accéder aux contenus  – déjà publiés – filtrés et organisés ensuite par nos pairs. Nous avions jusqu’à présent les lecteurs (90% des internautes), les commentateurs (9%) et les éditeurs (1%) ; nous avons donc en plus les « collectionneurs ».

    Mais qu’est-ce qui motive une partie des internautes à s’impliquer dans l’organisation du web ? La hiérarchie de l’information est déjà créée collectivement par les liens, par les recommandations que font les internautes sur Facebook, sur Amazon, sur Twitter, etc.
    L’intérêt grandissant pour la curation vient du fait qu’elle est une manière supplémentaire de se distinguer devant les autres. C’est parce qu’elle est un mode d’expression, que la curation se développe. « Collectionner » est un moyen de se singulariser et définit notre identité devant les autres.
     
    La prochaine étape pour la démocratisation de la curation est de trouver des formes d’agrégation collectives qui vont permettre de garder l’identité de chacun. Comment arriver à montrer ce qui est commun en gardant la visibilité des facettes individuelles ?  Quoi qu’il en soit, pour D. Cardon, les curators ne représentent pas tous les internautes, mais sont un élite.

    Autour de la première table ronde, on a retrouvé Eric Scherer (France Télévisions) , Benoît Raphaël (Co-Fondateur Lepost.fr et Fondateur Social Newsroom) et Frédéric Montagnon (Wikio) sur l’impact de la curation dans l’évolution du métier de journaliste et sur la nature de l’information.

     

    A quel besoin répond la curation ?

    Face à la surabondance de l’information, nous ne disposons pas d’assez de modes de découverte. La curation permet d’accéder aux informations du web profond, là où a contrario les plateformes de micro-blogging favorisent le buzz. « Le curator est celui qui prend soin de l’editeur, en trouvant le signal dans le bruit. » indique Eric Scherer.
    Les revues de web présentes sur de nombreux blogs en sont déjà un exemple.

     

    Quels changements pour les médias ?

    Pour E. Scherer, la curation intervient après le « tri sélectif ». On peut parler de dépollution des contenus. Dans ce rôle les experts semblent mieux placés que les journalistes pour sélectionner l’information pertinente et l’exposer. B .Raphaël témoigne d’ailleurs qu’à LePost.fr, les lecteurs étaient souvent plus rapides et efficaces que les journalistes dans la sélection d’informations.
    La création de valeur n’appartient donc pas uniquement a ceux qui créent le contenu.

    Mais combien y en aura-t-il ? La question de la masse critique nécessaire pour nous éclairer sur tous types de sujets est de nouveau posée par Frédéric Montagnon qui doute de la possibilité de trouver assez de curators pour les sujets de la longue traîne.

    La presse quant à elle tient un rôle important dans l’amélioration de l’accès à ces sources par la mise en scène qu’elle propose. La recette de la curation selon B. Raphaël est 40% d’algorithme, 40% de social et 20% d’éditorial.
    Les médias apportent également une valeur par leur capacité à vérifier ces informations. En exemple, Benoit Raphaël évoque la crise en Egypte, et le nombre important de contenus qui circulent (vidéos, témoignages, appels à mobilisation). Dans ce cas précis, il est primordial de distinguer les vrais informations de celles qui participent à la manipulation et à la désinformation.

    J’ai regretté, à ce stade des interventions, que la question de l’utilisation de plateformes de curation par les médias ne soit pas abordée. Par exemple certains médias comme le  New York Times embarquent déjà des plateformes de curation à l’intérieur de leurs colonnes et des journalistes ont eu recours à des outils de curation collective pour opérer une sélection de tweets d’activistes en Egypte, et les traduire en plusieurs langues.

    La seconde table ronde a regroupé – Eric Dupin -(Blogueur Presse-Citron.net, Fondateur  LeFocus.fr), Guillaume Decugis (Co-fondateur et Directeur général de Scoop.it), Patrice Lamothe (Co-fondateur et PDG de Pearltrees), Eric Briones (Planneur stratégique & blogueur)

     

    La bataille des égos

     Ce panel démarre par la question de la place du curator face au blogueur. Réponse de Eric Briones : « La curation demande une éthique du lien, ce que n’ont pas toujours les blogueurs qui n’aiment pas toujours citer leurs sources». Le besoin d’expression et de reconnaissance sociale étant un des leviers de la curation de contenu, l’honnêteté du curator sera une des clés dans la bataille d’influence entre bloggeur et curator ; entre la production de l’information et sa diffusion, alors que les deux fonctions sont complémentaires. Autrement dit le curator risque d’être « une sorte de DJ qui vole la vedette aux artistes qu’il remixe », comme suggéré dans les tweets. Une nouvelle tension entre les égos va naître à l’arrivée de ces nouveaux acteurs.

    A l’opposé, Eric Dupin témoigne de son initiative Lefocus.fr, un Drudge Report français. A l’origine, il avait envie de rapatrier les contenus de sa veille qu’il partageait sur Facebook et Twitter, pour ne pas risquer de la voir disparaitre. Il a  créé une plateforme d’agrégation de liens qu’il sélectionne et publie manuellement, après avoir réécrit les titres, avec sa subjectivité.
    On a besoin d’archiver et de pouvoir rentrer dans une profondeur historique, qu’on ne trouve pas sur twittter. Face à l’accélération des contenus, ce type de curation nous permet de ralentir en conservant des informations froides.
    Le témoignage d’E. Dupin est d’autant plus intéressant que la curation se conçoit plus facilement au sein de communautés, par thématique. Lefocus.fr s’inscrit dans une forme de curation plutôt généraliste.

     

    Demain, tous curators ?

    Pour répondre à la question, posée plus haut, des moyens de démocratiser massivement l’organisation du web et d’atteindre rapidement un nombre important de curators, Patrice Lamothe a sa vision et déclare qu’ « on est curator dès l’instant où on a une passion ». Nous sommes dans le «  3e étage de la démocratisation du web » précise-il. Dans un premier temps nous consultions une bibliothèque qui n’était pas la notre ; puis nous avons apporté des livres dans cette bibliothèque. A présent nous organisons les  livres de chacun dans la bibliothèque commmune.

    Alors, est-ce que les « Like » de Facebook postés sur les sites web peuvent être perçus comme de la microcuration ? La fonctionnalité permet d’aller sur le web et de mettre en avant des sources sur le réseau social. La différence, une nouvelle fois expliquée par P. Lamothe serait que les médias sociaux renvoient des masses de gens au même endroit, même moment et créent un buzz. Les moyens techniques mis en place par les plateformes de curation telles que Pearltrees et Scoopit permettent d’aller chercher avec l’appui d’algorythmes des informations dans la profondeur du web.

     

    Acte de création et de subjectivité

    La plateforme Scoopit offre également la possibilité d’éditer le contenu et d’en réécrire les accroches (titre, chapeau). Selon Guillaume Decugis, nous voulons une « médiation subjective qui donne du sens. On ne recherche pas de vérité absolue, mais une perception. »
    La curation est donc un acte de création. Là où le blog permet de créer et publier du contenu, la curation permet d’éditer l’information et de créer sa propre librairie. Au-delà elle peut même être un acte d’intelligence collective dans la curation menée animée par plusieurs contributeurs.

    Ces nouvelles approches éloignent le curator des métiers de documentaliste et de veilleur présents dans la salle et qui se sont exprimés pour indiquer qu’eux aussi étaient concernés par l’arrivé de ce nouvel usage. Ce qui les distingue fondamentalement c’est précisément l’objectivité dont ils doivent faire preuve dans de la collecte et la diffusion des informations. G. Decugis se voulant rassurant ajoute « Un travail de documentaliste objectif peut s’exprimer sur les plateformes, mais c’est du recueil ».

     

    En conclusion on peut se demander avec de nombreux participants pourquoi la curation est aujourd’hui sur le devant de la scène ?

    Le besoin d’accéder aux informations par une nouvelle forme d’organisation collective par thématique semble émerger ; et en parler, c’est rendre conscient le phénomène. Des outils spécialisés font le pari que nous sommes tous experts. Tous, dans un domaine nous avons des connaissances et cela nous rend capables de nous exprimer sur un sujet avec une légitimité et d’en tirer une reconnaissance sociale.

    E. Dupin a contrario affirme que la curation, même si elle peut couvrir tous les sujets et toutes les passions est réservée à des utilisateurs avancés. Si elle n’est pas une affaire de geeks, parce qu’elle ne fait pas appel à la technicité, c’est malgré tout l’affaire d’une part restreinte des internautes.

    La curation requiert des compétences de tri des contenus et pas seulement de collecte. Pour que la bibliothèque soit lisible de tous il faut qu’elle soit classée, hiérarchisée dans un ordre compréhensible par tous. Ce tri doit donc faire appel à des codes universels, des compétences que tout le monde n’a pas la compétence à reproduire.

    Avant de se quitter Eric Briones nous interpelle sur la question du modèle économique : quel va être le rapport entre curation et gratuité des contenus ? Si la curation permet aux utilisateurs de gagner du temps dans la recherche d’informations pertinentes, pour le curator au contraire cela va nécessiter un investissement plus long en réflexion.

     

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    Curation : quelle valeur pour les entreprises, les médias, et sa "marque personnelle" ?

    La conférence de la Social Media Week Paris sur la curation aura lieu lundi au Conseil Régional d'Ile-de-France. J'y serai parce que la curation touche à la fois aux métiers de l'entreprise, ceux des médias et touche aux individus. Ayant travaillé depuis 10 ans dans les relations presse et le web, j'y vois un prolongement naturel de mes activités. Une façon de promouvoir des contenus, de les diffuser à travers d'autres intermédiaires. Des intermédiaires humains et non des moteurs, au même titre que les blogueurs ou les journalistes, viennent affiner et apporter un angle, du contexte, de l'analyse à la sélection proposée - justement en première instance - par des moteurs.

    Le curateur n'a pas une seule définition. Aujourd'hui il n'existe pas encore formellement ce type de poste dans les enteprises. Pourtant certains l'exercent déjà en partie. En fonction de la structure pour laquelle il travaille ou même s'il le fait à titre personnel le curateur recherche, trie, analyse, éditorialise et diffuse. Mon sentiment est que l'importance de ce nouveau métier vient de la surabondance d'informations qu'engendrent le web social (et sa conséquence l'UGC) et le web temps réel (et sa conséquence la volatilité). Pour ma part, je le rapprocherai volontiers du travail de revue de presse, mais pas uniquement.

    De la même manière que tous les internautes ne sont pas blogueurs, ou que tous ne commentent pas, tous ne seront pas curators. En revanche, nous avons tous besoin de solutions pour nous aider à gagner du temps pour trouver les informations qui nous intéressent. Donc l'adoption de la curation dépend de la valeur qu'elle permettra de dégager pour l'utilisateur final, mais aussi pour le curator.

     

    La curation pour l'individu

    Outil de notoriété et de e-réputation, la curation à l'échelle de l'individu pourrait se résumer par "je diffuse donc je suis". Défini par les contenus qu'il partage, le curator utilise son activité comme outil de promotion personnelle. Même si la finalité n'est pas consciente dès le début de sa démarche, la transmission d'informations recherchées, triées, etc. permet au curator d'acquérir une image positive et d'expertise auprès de ses lecteurs. Elle est donc un levier pour travailler sa marque personnelle.
    Mais cela peut être un miroir déformant. Dans la rapidité de consommation d'informations dans laquelle nous nous trouvons, nous pouvons confondre "message" et "messager". Pour pondérer cet effet, certains ont évoqué la nécessité de lier les espaces de curation avec les autres profils du curator, pour connaître ses compétences et sa légitimité.

    On a vu l'exemple du Drudge Report et de sa version française "Le Focus" créé par Eric Dupin ; on voit également des comptes twitter uniquement dédiés à cette activité comme Jean-Luc Raymond

    Lefocus

     

    La curation pour l'entreprise

    Pour l'entreprise, la curation est un moyen à la fois supplémentaire pour réaliser le marketing de ses informations en tant qu'éditeur et un moyen de se placer parmi les prescripteurs sur un thème pour lequel elle est légitime, en exerçant un travail de curation.
    Pour l'entreprise éditrice c'est donc un nouveau canal à utiliser dans son mix marketing et dans ses RP 2.0, comme une nouvelle caisse de résonnance.
    En complémentarité, devenir elle-même curateur sur des thèmes choisis permet à l'entreprise d'offrir un service supplémentaire à son lectorat, celui de la selection pertinente des bonnes sources documentaires, complémentaires, de référence, valorisant les signaux faibles, etc.

    Un outil comme scoopit qui ouvre la curation à tous a été utilisé récemment par des entreprises événementtielles : pour le salon Le Web 2010 et en ce moment à une autre échelle, pour le salon français du e-tourisme Voyage en multimédia.

     

    Vem-scoopit

     

    La curation pour les médias

    Pour les médias, le marketing de l'information est comme pour l'entreprise une valeur évidente.
    Mais au-delà, la curation exercée par un média représente une étape de plus dans le processus d'éditorialisation. Comme dans une revue de presse, le journaliste raconte suivant l'angle choisit de nouvelles histoires, en proposant une scénarisation des articles qu'il assemble. La valeur tient au choix des articles mis en lumière,  à la contextualisation, au commentaire etc. Il existe plusieurs niveau de curation avec des degrés différents d'automatisation et de ré-éditorialisation des contenus sources. Le modèle d'OWNI qui republie des articles de blogueurs ; le blog-runner du New York Times,

    Blog-runner-nyt

    Récemment, dès les premiers jours du soulèvement en Egypte on a également vu de nouvelles valeurs se créer grâce à la curation. Des journalistes et non journalistes on recencé et listé des tweets en anglais et en arabe qui étaient traduits dans les deux langues afin de permettre à tous de comprendre les messages envoyés de part et d'autre de la planète.
    C'est avant tout la dimension collective de la curation qui a été la clé de cette intéressante initiative.

    Journalisme-collectif-traduc

     

    La hiérarchisation ne sera pas suffisante

    Mais pour être lu, le résultat de l'aggrégation "humaine" des contenus doit également trouver des leviers nouveaux de diffusion adaptés. Car si la curation cherche à être une réponse au volume d'information, l'assistance apportée à la hiérarchisation des contenus n'est pas suffisante. Il reste que - même triés - les contenus sont de plus en plus nombreux et le temps disponible pour cette lecture sur internet de plus en plus morcelé, la consultation de plus en plus rapide.

    Le succès de ce nouveau canal de diffusion réside donc dans sa capacité à trouver des formats de consultation innovants, des modes de visualisation nouveaux qui seront parfois offerts par les outils de curation eux-mêmes présents sur le marché (maquette, ergonomie), qui souvent demanderont aux curators de proposer de nouveaux contenus plus courts (mais pas réducteurs), plus illustrés, etc.

     

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